Régularisation immédiate

Depuis CIM Burkina, nous avons rejoint, avec des centaines de groupes et d'associations, la campagne #RegularisationDéjà qui appelle d'urgence à la régularisation permanente et inconditionnelle de tous les immigrés et réfugiés face à l'urgence sanitaire par la Covid19.

Pendant ces durs mois de la pandémie, les immigrés sans papiers vivant en Espagne subissent l'enfermement et ses conséquences sociales et économiques comme le reste de la population, mais dans des conditions pires. La privation de leurs droits les plus fondamentaux, en raison de l'absence de permis de séjour, les place dans une situation de vulnérabilité particulière.

Ils ont un accès difficile aux soins de santé publics car beaucoup d'entre eux n'ont pas de recensement et/ou de carte de santé. Cette invisibilité de leur état de santé est un risque pour eux et pour la société tout entière. Leurs emplois, lorsqu'ils en ont, sont inévitablement dans l'économie souterraine ; pour eux, il n'y a pas d'interdiction de licenciement, ni de congés payés, ni d'ERTE, ni d'allocations de chômage. Beaucoup ont perdu leur emploi à cause de l'enfermement.

Un grand nombre de femmes sans papiers et sans contrat, employées de maison et soignantes, jouent aujourd'hui un rôle essentiel dans la prise en charge des personnes âgées issues de groupes à risque, même en contact quotidien permanent lorsqu'elles travaillent comme stagiaires et sans aucun type d'équipement de protection individuelle (EPI). Leurs maigres ressources économiques, dues à la précarité de leur emploi, les obligent à vivre dans des chambres partagées qui sont relouées, ce qui rend impossible le maintien de distances de sécurité. En même temps, comme de nombreux conseils municipaux ne reconnaissent pas le registre des sans-abri, cela les prive du droit universel à ce registre.

Lorsque le départ de leur domicile n'est possible que dans des conditions très précises, leur crainte d'être arrêtés par la police et d'agir sur leur irrégularité administrative est tout à fait justifiée. Toutes ces circonstances les amènent à faire face à une possible contagion dans des conditions d'infériorité et d'exclusion sociale. Les cartes détaillant la propagation de la pandémie montrent que la population migrante est plus vulnérable à l'infection et aussi à la mort. Il protège en partie la jeunesse de beaucoup de personnes, mais la surpopulation et la malnutrition peuvent faire des ravages parmi elles.

D'autre part, les circonstances exceptionnellement graves dans lesquelles nous vivons rendent ridicules de nombreuses exigences légales pour l'obtention de papiers. Qui, dans cette situation de récession et de stagnation économique, peut obtenir un contrat d'un an comme l'exigent les règlements de la loi sur les étrangers ?
L'urgence sanitaire rend les déportations impossibles, aussi les CIE déjà malsaines devraient-elles être fermées immédiatement, libérant ceux qui sont encore détenus dans plusieurs d'entre elles.
La contribution de la population migrante à la défense de la société contre le virus serait d'une importance énorme si elle pouvait avoir lieu sans la barrière du manque de papiers. Aujourd'hui, nous avons besoin non seulement de professionnels de la santé, mais aussi de professionnels de nombreuses autres branches qui sont essentielles pour la santé. La population migrante peut apporter sa jeunesse, son expérience, les nombreux cours qu'elle suit ici et son indéniable envie de travailler.

Ce sont ces mêmes considérations qui ont conduit le gouvernement portugais à décréter une sorte de régularisation générale pour toutes les personnes dont la demande de permis de séjour était en cours, permettant ainsi à toutes ces personnes de se joindre à la lutte contre le virus.
Si nous voulons vaincre le virus, la société ne pourra le faire qu'à des conditions égales et non discriminatoires.

Ce gouvernement, qui se dit progressiste et courageux, et qui a entrepris d'améliorer les conditions de vie de toute la population, doit rendre justice à tout cela. Elle ne peut pas céder aux pressions racistes de la droite et de l'ultra-droite. Elle doit régulariser sans délai toutes les personnes sans papiers et mettre ainsi fin à la discrimination dont ces personnes sont victimes et qui désavantage toute la société dans la lutte contre la pandémie.

D'ici, nous appelons toutes les organisations sociales, toutes les personnes à mener une campagne pour la régularisation des migrants vivant dans l'État espagnol. Parce que c'est une question de justice et, dans ces circonstances, d'extrême nécessité.

C'est pourquoi on demande :
1. Enregistrement d'office de toutes les personnes vivant dans la commune.
2. Régularisation avec un permis de travail sans besoin de contrat de travail.
3. L'octroi d'une autorisation de travail sans contrat aux jeunes ex-tuteurs titulaires d'un permis de séjour.
4. Reconnaissance immédiate de la condition des réfugiés et passage direct à un permis de séjour dans les mêmes conditions que le reste des migrants.
5. Il est dans l'intérêt public et social de garantir les droits de tous les citoyens, y compris ceux en situation administrative irrégulière, en régularisant leur statut.